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Benjamin Plateau · 10 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le plan comptable général (PCG) est le référentiel comptable obligatoire pour les entreprises soumises à l’établissement de comptes annuels et fixe les règles de tenue de la comptabilité.
Il organise les comptes en 7 classes : les classes 1 à 5 concernent le bilan, tandis que les classes 6 et 7 servent à établir le compte de résultat.
La réforme applicable depuis le 1er janvier 2025 simplifie le plan de comptes, modifie le traitement du résultat exceptionnel et supprime les comptes de transferts de charges.
Depuis 2026, le PCG intègre une nouvelle rubrique « autres fonds propres » et impose aux entreprises d’adapter leurs logiciels et leurs modèles d’états financiers.
Le PCG est disponible gratuitement sur le site de l’ANC et constitue un outil indispensable pour enregistrer correctement les opérations comptables au quotidien.
Vous avez une facture entre les mains et vous ne savez pas dans quel compte l'enregistrer ? C'est souvent le signe d'une mauvaise maîtrise du plan comptable général. Pourtant, toute entreprise au régime réel doit l'appliquer obligatoirement pour enregistrer ses opérations et produire ses états financiers.
Mais qu'est-ce que le plan comptable général exactement ? Comment sont organisées ses 7 classes de comptes ? Qu'est-ce qui change concrètement avec la réforme 2025 ? Vous découvrirez dans ce guide tout ce qu'il faut savoir pour utiliser efficacement ce référentiel comptable.
Le plan comptable général (PCG) est le référentiel comptable obligatoire pour toutes les entreprises françaises soumises à l'obligation d'établir des comptes annuels. Il est rédigé par l'Autorité des Normes Comptables (ANC) et homologué par arrêté ministériel. Sa base légale : le règlement ANC n°2014-03 du 5 juin 2014, régulièrement mis à jour depuis.
Le PCG définit trois éléments fondamentaux :
La liste des comptes : une nomenclature numérotée et hiérarchisée qui couvre l'ensemble des opérations possibles d'une entreprise ;
Les règles de présentation des états financiers : bilan, compte de résultat, annexe ;
Les principes comptables à respecter : prudence, sincérité, image fidèle, permanence des méthodes.
Son rôle central : garantir une normalisation comptable uniforme à l'échelle nationale. Grâce au PCG, les comptes sociaux de toutes les entreprises françaises suivent les mêmes règles, ce qui facilite leur lecture, leur comparaison et la tenue des comptes par les professionnels.
Le PCG s'applique à toutes les entreprises françaises soumises à l'obligation d'établir des comptes annuels, conformément à l'article L.123-12 du Code de commerce. Cela concerne l'ensemble des structures au régime réel, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique : SASU, EURL, SAS, SARL, SA, entrepreneur individuel au réel.
Certains secteurs d'activité disposent toutefois de plans comptables sectoriels distincts, qui se substituent au PCG :
Les établissements de crédit (règlement ANC 2014-07) ;
Les associations et fondations à but non lucratif (règlement CRC 1999-01) ;
Les organismes de logement social (ANC 2015-04);
Les agriculteurs (plan comptable agricole) ;
Les notaires et commissaires de justice (plans spécifiques ANC 2025)
À l'opposé, les auto-entrepreneurs ou micro-entreprises bénéficient d'une comptabilité allégée : le plan comptable général ne leur est pas applicable.
Le plan comptable général répond à trois objectifs fondamentaux :
Harmoniser les pratiques comptables entre toutes les entreprises françaises, pour permettre la comparaison des comptes d'un exercice à l'autre et d'une entreprise à l'autre ;
Garantir la transparence et la clarté de l'information financière auprès des tiers : banques, investisseurs, administration fiscale ;
Faciliter la digitalisation et l'automatisation des opérations comptables, en fournissant un cadre commun aux logiciels et aux systèmes d'information.
Au-delà de ces objectifs de normalisation, le PCG protège également le patrimoine de l'entreprise. En imposant des règles d'évaluation strictes (provisions, amortissements, dépréciations), il garantit que les comptes renvoient fidèlement à la réalité économique de l'entreprise.
Le PCG constitue le cadre d'établissement des comptes annuels transmis à l'administration fiscale chaque année. Des comptes mal tenus ou mal codifiés exposent l'entreprise à des redressements.
Le plan de comptes est organisé en 7 classes. Les 5 premières alimentent le bilan : elles définissent ce que l'entreprise possède (actif) et ce qu'elle doit (passif).
Une classe 8 (comptes spéciaux) existe également pour les engagements hors bilan : crédit-bail, cautions reçues, engagements de retraite mais reste peu utilisée en pratique.
La classe 1, composée des comptes de capitaux, constitue le passif du bilan : elle regroupe les ressources de l'entreprise (capital, réserves, emprunts). Les classes 2 à 5 relèvent d’un compte d’actif ou de passif selon la nature de l'opération enregistrée.
💡 À savoir : les subventions d'investissement se comptabilisent en classe 1, compte 13 et non en produits, contrairement à une erreur fréquente.
Les comptes de la classe 6 et 7 alimentent le compte de résultat. Ils enregistrent l'ensemble des opérations réalisées au cours de l'exercice : charges d'un côté, produits de l'autre.
Classe 6 – Comptes de charges :
60 : achats de marchandises et matières premières ;
61-62 : services extérieurs (loyers, assurances, honoraires, dont le compte 625 pour les frais de déplacements et missions) ;
63 : impôts et taxes ;
641 : charges de personnel (salaires bruts) ;
66 : charges financières (intérêts d'emprunts) ;
68 : dotations aux amortissements et provisions.
Classe 7 – Comptes de produits :
706 : prestations de services ;
707 : ventes de marchandises ;
74 : subventions d'exploitation ;
75 : autres produits de gestion courante ;
77 : produits exceptionnels (strictement redéfinis depuis la réforme 2025).
Le résultat de l'exercice correspond au solde des classes 7 moins les classes 6. Un solde positif = bénéfice. Un solde négatif = perte.
La logique du plan de comptes est décimale et hiérarchique : chaque chiffre ajouté affine la nature de l'opération enregistrée.
1 chiffre = classe (ex. : 6 = charges) ;
2 chiffres = compte principal (ex. : 61 = services extérieurs) ;
3 chiffres = subdivision (ex. : 613 = locations) ;
4 chiffres et plus = sous-subdivision (ex. : 6132 = locations immobilières).
La numérotation permet d'identifier précisément le compte à utiliser pour chaque enregistrement comptable.
Dans la liste des comptes, les intitulés en caractères normaux correspondent aux comptes obligatoires. Ceux en italique sont facultatifs : l'entreprise les utilise si son activité le nécessite.
💡 À savoir : le plan de comptes n'est pas limitatif. Une entreprise dont les opérations ne rentrent pas dans les comptes existants peut ouvrir des sous-comptes supplémentaires selon ses besoins (art. 1131-1 du PCG).
Le règlement ANC nᵒ 2022-06 constitue la réforme comptable la plus importante depuis 1999. Il est obligatoire pour tous les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2025. Voici les 5 changements majeurs qu'il introduit :
Résultat exceptionnel : ce qui change. Avant 2025, beaucoup d'opérations courantes finissaient en « exceptionnel » par commodité : cessions d'immobilisations, pénalités, etc. Désormais, seuls les événements à la fois majeurs et inhabituels y sont admis : destruction d'un site par catastrophe naturelle, expropriation forcée, fraude exceptionnelle. La cession d'un véhicule ou d'un matériel, elle, rejoint le résultat courant.
Suppression des comptes 791/796/797 : exemple concret. Une entreprise reçoit des indemnités journalières de la CPAM en remboursement de salaires versés à un salarié en arrêt. Avant 2025, elle créditait le compte 791 (transfert de charges de personnel). Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, ce compte n'existe plus : elle crédite le compte 649 (remboursements sur charges de personnel). De même, une indemnité d'assurance reçue après un sinistre passe désormais au compte 7587 au lieu du 791.
Le plan comptable 2026 intègre deux nouvelles évolutions majeures issues du règlement ANC 2024-07, applicable pour tous les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.
Une rubrique intermédiaire fait son apparition entre les capitaux propres et les provisions.
Elle se compose de trois postes :
Les fonds non remboursables (subventions définitivement acquises) ;
Les avances conditionnées (avances BPI France remboursables sous conditions, par exemple) ;
Les droits du concédant (dans les contrats de concession).
Cette rubrique clarifie les financements qui étaient auparavant « coincés » entre dettes et capitaux propres, sans catégorie propre. Le règlement ANC 2024-07 apporte également des précisions sur la comptabilisation des BSA et BSPCE (bons de souscription d'action et de parts de créateur d'entreprise) au compte 104.
Les nouveaux règlements ANC 2026-01 et 2026-02, d'application au 1ᵉʳ janvier 2027, réformeront la comptabilisation des crypto-actifs en alignement avec le règlement européen MiCA. Une nouvelle classification distinguera les jetons ART, EMT et autres actifs numériques.
💡 À savoir : en 2026, les entreprises clôturant au 31 décembre doivent intégrer la rubrique « autres fonds propres » dans leur bilan. Son absence peut entraîner un rejet de la liasse fiscale lors du dépôt.
La réforme du plan comptable général n'est pas qu'une mise à jour théorique. Elle implique des actions concrètes pour toutes les entreprises concernées. En 2026, trois vérifications s'imposent :
S'assurer que le logiciel comptable est mis à jour et intègre le nouveau plan de comptes ;
Contrôler que les comptes 791, 796 et 797 ne sont plus utilisés, et les remplacer par les comptes adéquats (649, 7587 ou 706 selon la nature de l'opération) ;
Intégrer la rubrique « autres fonds propres » dans les modèles de bilan si l'entreprise reçoit des avances conditionnées ou des fonds non remboursables.
Bonne nouvelle : les états financiers de l'exercice N-1 ne sont pas à retraiter rétroactivement. Seul l'exercice en cours doit appliquer la nouvelle norme comptable.
L'impact va au-delà de la forme. Le reclassement de charges et produits anciennement « exceptionnels » vers le résultat courant peut modifier le calcul de la participation des salariés et certains ratios financiers analysés par les banques pour évaluer le patrimoine de l'entreprise.
La maîtrise du PCG est au cœur de l'expertise comptable, mais un logiciel bien paramétré automatise la grande majorité des imputations.
Chez Clementine, chaque mise à jour réglementaire est intégrée par l'équipe d'experts : nos clients n'ont pas à surveiller ces évolutions seuls.
Le plan comptable général est une ressource gratuite. Son accès et son téléchargement sont possibles et d’ailleurs recommandés directement depuis le site de l'ANC.
Deux versions sont disponibles selon le besoin :
Plan de comptes 2026 (PDF) : la liste numérotée des comptes uniquement. Idéale pour retrouver rapidement un numéro de compte au quotidien ;
Recueil PCG – janvier 2026 (PDF) : le texte réglementaire complet, avec principes comptables, règles d'évaluation et modèles d'états financiers.
Les deux documents intègrent toutes les modifications adoptées depuis 2022 (règlements 2022-06, 2023-05, 2023-08 et 2024-07).
Point de vigilance : de nombreux sites proposent des versions obsolètes du PCG, parfois antérieures à la réforme 2025. Vérifiez toujours la date de consolidation du document avant de l'utiliser comme référence.
En pratique, un entrepreneur au régime réel n'utilise qu'une cinquantaine de comptes sur les ~1 600 que compte le PCG. Voici les plus courants :
Le grand livre liste tous les mouvements par compte : c'est l'outil de référence pour contrôler une écriture ou justifier une position auprès de l'administration fiscale .
Avec Clementine, les imputations sont prises en charge par un expert-comptable dédié : conformité garantie avec le plan comptable 2026, sans risque d'erreur de codification.
La classe 6 regroupe les comptes de charges (achats, salaires, loyers). La classe 7 regroupe les comptes de produits (ventes, prestations). La différence entre les deux détermine le résultat de l'exercice.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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