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Léa Nguyen · 10 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Un gérant majoritaire de SARL détient plus de 50 % des parts sociales, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs.
Ce statut entraîne l’affiliation au régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des charges sociales plus faibles mais une protection sociale plus limitée.
Le gérant majoritaire peut cumuler rémunération et dividendes, mais une partie des dividendes peut être soumise aux cotisations sociales.
La répartition des parts sociales et la cogérance peuvent modifier le statut social du dirigeant et ses obligations.
Le choix entre SARL et SAS dépend principalement du niveau de rémunération recherché, de la stratégie fiscale et de la protection sociale souhaitée.
Le gérant majoritaire de SARL joue un rôle central dans la gestion et le fonctionnement de l’entreprise, mais son statut reste souvent mal compris, notamment sur ses droits, ses cotisations et sa fiscalité. Savez-vous réellement ce que ce statut implique en matière de rémunération et de protection sociale ?
Derrière ce seuil des 50 % de parts sociales se cachent des conséquences importantes sur le régime social, les charges URSSAF et le choix entre rémunération et dividendes. Dans ce guide, vous découvrez clairement comment ce statut fonctionne, comment il est calculé et en quoi il diffère des autres formes de direction.
Le gérant majoritaire de SARL est le dirigeant qui détient, directement ou indirectement, plus de 50 % des parts sociales de la société. Cette définition, issue de l'article L. 311-3 du Code de la Sécurité sociale, est le point de départ de tout ce qui suit : régime social, fiscalité, pouvoirs, protections.
Ce seuil des 50 % n'est pas anodin. C'est lui qui détermine si le gérant relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) ou du régime général des salariés. Franchir ou ne pas franchir ce seuil change radicalement la structure des charges sociales et le niveau de protection sociale.
Lorsqu'une SARL est dirigée par un seul gérant, le calcul est simple : si ce gérant détient plus de 50 % des parts sociales, il est majoritaire. Il est minoritaire ou égalitaire s'il en détient respectivement moins de 50 % ou exactement 50 %.
Lorsque la société est dirigée par plusieurs personnes, le calcul devient plus complexe. Pour savoir si l’un d’eux est majoritaire, on additionne les parts sociales détenues par l’ensemble des gérants. Si ce total dépasse 50 %, ils sont tous considérés comme gérants majoritaires, même si l'un d'eux ne détient individuellement qu'une minorité des parts.
Le calcul du seuil de majorité obéit à des règles spécifiques définies par la loi.
Pour déterminer la qualité du gérant, on additionne :
les parts sociales détenues en propre par le gérant ;
les parts sociales détenues par son conjoint (marié ou pacsé), quel que soit le régime matrimonial ;
les parts sociales détenues par ses enfants mineurs non émancipés.
Exemple : un gérant détient 30 % des parts, son épouse 25 %. Il est considéré comme gérant majoritaire car l'addition des deux (55 %) dépasse le seuil des 50 %, même s'il ne détient personnellement que 30 % des titres.
Ce point est souvent méconnu et source d'erreurs lors de la création de la SARL ou lors de cessions de parts. Il est donc essentiel de simuler la répartition du capital en incluant ces paramètres dès la rédaction des statuts. Un expert-comptable peut vous accompagner dans cette répartition pour éviter les mauvaises surprises sur le plan social et fiscal.
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La cogérance est un cas fréquent qui génère beaucoup d'interrogations, notamment dans les configurations à deux associés-gérants.
Lorsque deux associés détiennent chacun 50 % des parts et sont tous deux gérants, ils sont considérés comme gérants égalitaires. Le régime social applicable est identique à celui des gérants majoritaires : ils relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (SSI, ex-RSI).
Si trois associés-gérants détiennent respectivement 40 %, 35 % et 25 % des parts, l'ensemble des gérants détient 100 % des parts. Collectivement, ils dépassent 50 % : ils sont donc tous gérants majoritaires au sens social, même si aucun ne dépasse 50 % à titre individuel. Ce mécanisme de cogérance majoritaire collective est l'un des points les plus déroutants du droit des sociétés pour les non-initiés.
Le gérant de SARL, qu'il soit majoritaire ou minoritaire, dispose de pouvoirs étendus pour agir au nom de la société. Ces pouvoirs sont encadrés par la loi et par les statuts.
Dans ses rapports avec les tiers, le gérant peut accomplir tous les actes de gestion dans l'intérêt de la société : signer des contrats, embaucher des salariés, engager des dépenses, représenter la société en justice. Les limitations statutaires sont inopposables aux tiers de bonne foi.
Le fait d'être gérant majoritaire renforce le pouvoir pratique du dirigeant : il peut en effet faire voter les décisions ordinaires en assemblée générale, puisqu'il détient la majorité des parts, et donc la majorité des droits de vote.
Certaines décisions échappent toutefois au gérant et relèvent de la compétence exclusive des associés : modification des statuts, augmentation ou réduction du capital, cession de parts, nomination ou révocation du gérant, approbation des comptes annuels. Ces décisions sont prises en assemblée générale, selon des règles de quorum et de majorité propres à chaque type de résolution (ordinaire ou extraordinaire).
La rémunération du gérant majoritaire de SARL n'est pas automatique : elle doit être fixée et approuvée selon des règles précises.
La rémunération du gérant peut être fixée dans les statuts ou par une décision collective des associés. Elle peut prendre la forme d'un montant fixe mensuel, d'un pourcentage du chiffre d'affaires ou d'un système mixte. Dans tous les cas, elle doit être validée par les associés et ne peut pas être décidée unilatéralement par le gérant lui-même, même s'il est majoritaire.
Le gérant majoritaire peut percevoir à la fois une rémunération de gérance et des dividendes en tant qu'associé. Cependant, la partie des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est assujettie aux cotisations sociales TNS. Ce seuil de 10 % est défini à l'article L. 131-6 du Code de la Sécurité sociale et constitue un point de vigilance majeur dans l'optimisation de la rémunération.
Le gérant majoritaire de SARL ne peut pas cumuler sa fonction de gérant avec un contrat de travail au sein de la même société. Cette interdiction est une conséquence directe de son statut TNS : il ne peut pas être à la fois employeur (en tant que dirigeant) et salarié de la même entité. Il peut en revanche être salarié d'une autre société du groupe, sous certaines conditions.
Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Ses cotisations sociales sont collectées par l'URSSAF depuis le 1er janvier 2020 (auparavant gérées par le RSI, puis par la SSI).
Les cotisations sont calculées sur la rémunération nette perçue au titre de la gérance, augmentée, le cas échéant, de la fraction des dividendes dépassant le seuil de 10 % mentionné plus haut. Si le gérant ne se verse pas de rémunération, des cotisations minimales s'appliquent tout de même, notamment pour la retraite de base.
Le taux global de cotisations sociales d'un gérant majoritaire de SARL est estimé entre 40 % et 45 % de la rémunération nette, selon le niveau de revenus. À titre de comparaison, les charges sociales d'un président de SAS assimilé-salarié représentent environ 75 à 80 % de la rémunération brute, mais incluent une protection sociale plus complète (notamment l'assurance chômage et un régime de retraite plus favorable).
Les cotisations TNS couvrent :
la maladie-maternité ;
la retraite de base et complémentaire ;
l'invalidité-décès ;
les allocations familiales ;
la CSG-CRDS.
Comme évoqué, les dividendes perçus par le gérant majoritaire sont partiellement soumis à cotisations sociales. Seule la fraction supérieure à 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants) est intégrée dans l'assiette des cotisations TNS. La fraction inférieure ou égale à 10 % est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, comme pour tout dividende.
Le gérant majoritaire cotise à la retraite de base et à la retraite complémentaire des indépendants. Son niveau de pension est structurellement inférieur à celui d'un cadre salarié ayant le même niveau de revenus. Il est donc conseillé de compléter la couverture retraite par un contrat Madelin (déductible du revenu imposable) ou un PER individuel.
La fiscalité du gérant majoritaire dépend du régime d'imposition de la SARL.
C'est le cas le plus courant. La rémunération du gérant majoritaire est imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires (article 62 du CGI). Elle bénéficie de la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels (plafonnée à 14 426 € pour 2024), ou de la déduction des frais réels si ceux-ci sont supérieurs.
Contrairement aux salariés, le gérant majoritaire ne bénéficie pas de l'abattement de 10 % au sens strict : l'article 62 du CGI lui applique un régime spécifique, assimilé aux traitements et salaires mais avec des nuances importantes sur la déductibilité des frais.
Lorsque la SARL opte pour l'impôt sur le revenu (possible sous conditions, notamment pour les SARL de famille), la part des bénéfices revenant au gérant est imposée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). La rémunération du gérant n'est alors pas déductible du résultat de la société.
La question revient systématiquement dans les comparaisons entre SARL et SAS. Il n'existe pas de réponse universelle : le meilleur statut dépend du niveau de rémunération, de l'importance accordée à la protection sociale et de la stratégie d'optimisation choisie.
Pour une rémunération nette de 3 000 € par mois, un gérant majoritaire paiera environ 1 200 à 1 400 € de cotisations sociales. Un président de SAS avec une rémunération brute équivalente supportera des charges patronales et salariales plus élevées, mais acquerra davantage de droits à la retraite.
En SAS, les dividendes sont soumis au PFU de 31,4 % sans cotisations sociales supplémentaires, ce qui peut rendre cette forme juridique plus attractive pour les dirigeants qui préfèrent distribuer une grande part des bénéfices plutôt que se verser une rémunération élevée. En SARL, le seuil des 10 % limite cet avantage pour le gérant majoritaire. Le choix entre SARL et SAS doit donc intégrer une simulation chiffrée sur la base de la stratégie de rémunération envisagée.
Exercer la gérance d'une SARL n'est pas sans risques. Le gérant peut engager sa responsabilité personnelle à plusieurs niveaux.
Le gérant peut être tenu personnellement responsable des fautes de gestion commises dans l'exercice de ses fonctions : violation des statuts, décisions contraires à l'intérêt social, manquements aux obligations légales. Cette responsabilité peut être engagée par la société elle-même, par les associés ou par des tiers lésés.
Certains manquements exposent le gérant à des sanctions pénales : abus de biens sociaux, présentation de comptes inexacts, distribution de dividendes fictifs, travail dissimulé. L'article L. 241-3 du Code de commerce fixe les principales infractions et les peines encourues (jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende pour l'abus de biens sociaux).
En cas de manœuvres frauduleuses ou d'inobservation grave et répétée des obligations fiscales, le gérant peut être déclaré solidairement responsable du paiement des impôts et pénalités dus par la société. Cette mise en cause personnelle reste exceptionnelle mais constitue un risque réel en cas de défaillance grave.
C’est le dirigeant d’une SARL qui détient, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs, plus de 50 % des parts sociales.
Il peut se rémunérer librement via une rémunération de gérance décidée en assemblée, et éventuellement des dividendes selon les résultats de la société.
Non, il ne peut pas être salarié de sa propre société au titre de son mandat de gérance, car il n’existe pas de lien de subordination avec la SARL.
Rédigé par :
Head of Legal spécialisée en droit des affaires, Léa décrypte les enjeux réglementaires pour en faire des outils de pilotage stratégique au service des entreprises en croissance.
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