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Morgane Mercier · 12 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Le régime réel simplifié de TVA permet de déclarer la TVA via deux acomptes annuels et une déclaration de régularisation CA12.
Il s’applique aux entreprises respectant certains seuils de chiffre d’affaires et dont la TVA due reste inférieure à 15 000 €.
Ce régime allège les obligations administratives par rapport au régime réel normal, mais nécessite de surveiller attentivement les seuils de TVA et de chiffre d’affaires.
Les acomptes sont versés en juillet et en décembre, puis ajustés lors de la déclaration annuelle.
Le régime réel simplifié de TVA disparaîtra au 1er janvier 2027, au profit du régime réel normal avec des déclarations mensuelles ou trimestrielles.
Votre entreprise dépasse les seuils de la franchise en base de TVA mais vous ne souhaitez pas gérer une déclaration mensuelle ? Le régime réel simplifié de TVA est peut-être la solution idéale. Ce régime intermédiaire permet de collecter et de déduire la TVA tout en limitant vos obligations déclaratives à deux acomptes par an et une déclaration annuelle.
Quels sont les seuils de chiffre d'affaires à respecter en 2026 ? Comment fonctionnent les acomptes de juillet et de décembre ? Quels avantages ce régime réel simplifié de TVA offre-t-il par rapport au régime réel normal ? Vous découvrirez toutes les réponses dans ce guide complet.
Le régime réel simplifié de TVA est un régime d'imposition intermédiaire situé entre la franchise en base et le régime réel normal. Il s'inscrit dans le champ d'application des articles 302 septies A à 302 septies AA du Code général des impôts (CGI).
Ce régime permet à l'entreprise de facturer la TVA à ses clients et de déduire la TVA sur ses achats professionnels. En contrepartie, elle est tenue de la déclarer et de la reverser à l'administration fiscale.
Son principal atout réside dans la simplification des obligations déclaratives : une seule déclaration annuelle via le formulaire CA12, complétée par deux acomptes semestriels versés en cours d'exercice.
Ce régime est applicable quel que soit le statut juridique de l'entreprise : SARL, EURL, SAS, entreprise individuelle (EI), micro-entrepreneur soumis à la TVA ou encore société civile.
💡 À savoir : le régime réel simplifié de TVA est également désigné sous le terme « régime simplifié d'imposition » (RSI). À ne pas confondre avec le régime simplifié d'imposition des bénéfices (RSI bénéfices), qui concerne l'impôt sur les bénéfices et non la TVA.
Le régime réel simplifié et le régime réel normal reposent sur la même base de calcul : l'entreprise collecte la TVA sur ses ventes et déduit la TVA sur ses achats. Le montant total de TVA reversé à l'État est identique dans les deux cas.
La différence fondamentale réside dans la fréquence des déclarations et du paiement :
Régime réel simplifié : une déclaration annuelle (formulaire CA12) accompagnée de deux acomptes semestriels en juillet et en décembre ;
Régime réel normal : une déclaration mensuelle (formulaire CA3), ou trimestrielle si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.
En termes de gestion administrative, le régime simplifié allège considérablement la charge de travail comptable : douze déclarations mensuelles sont remplacées par une seule déclaration annuelle. Les taux de TVA applicables (20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %) restent strictement identiques dans les deux régimes.
Pour calculer la TVA d’un montant HT ou TTC, nous vous invitons à utiliser notre calculateur de TVA.
Le régime réel simplifié de TVA s'applique de plein droit à compter du 1ᵉʳ janvier de l'année N lorsque deux conditions cumulatives sont réunies :
Le montant de la TVA due au titre de N-1 est inférieur à 15 000 € ;
Le chiffre d'affaires annuel hors taxes réalisé en N-1 est compris dans les fourchettes suivantes :
Le dépassement des seuils entraîne des conséquences différentes selon le seuil concerné :
Dépassement du seuil normal (945 000 € ou 286 000 €) : l'entreprise bascule au régime réel normal à compter du 1ᵉʳ janvier de l'année suivante ;
Dépassement du seuil majoré (1 040 000 € ou 323 000 €) : le basculement est rétroactif au 1ᵉʳ janvier de l'année du dépassement. L'entreprise doit alors souscrire des déclarations CA3 mensuelles dès le mois suivant le dépassement.
💡 À savoir : si la TVA due au titre de l'exercice précédent est supérieure à 15 000 €, l'entreprise bascule automatiquement en déclaration mensuelle, même si son chiffre d'affaires reste dans les fourchettes du régime simplifié.
Le régime réel simplifié de TVA peut également s'appliquer sur option, en dehors des cas de plein droit.
Les entreprises relevant de la franchise en base peuvent opter pour ce régime afin de déduire la TVA sur leurs achats professionnels. Cette option, formulée auprès du Service des Impôts des Entreprises (SIE), prend effet à compter du premier jour du mois au cours duquel elle est exercée. Elle couvre obligatoirement une période de deux années, renouvelable. Les entreprises nouvelles peuvent quant à elles opter directement pour ce régime dès leur création, lors de la déclaration de début d'activité.
Les entreprises relevant du régime réel normal dont le chiffre d'affaires redescend dans les fourchettes peuvent également revenir au régime simplifié.
Certaines opérations sont exclues du régime simplifié et restent soumises au régime réel normal :
Les importations ;
Certaines opérations immobilières soumises à TVA ;
Les travaux immobiliers réalisés par des entreprises nouvelles ou ayant repris une activité : l'exclusion s'applique à l'année de création ou de reprise et à l'année suivante.
Le paiement de la TVA au régime réel simplifié repose sur deux acomptes semestriels, calculés sur la base de la TVA due au titre de l'exercice précédent.
Pour un exercice coïncidant avec l'année civile, le calendrier est le suivant :
Ces acomptes sont versés via le formulaire n°3514-SD (avis d'acompte de TVA), à télétransmettre et à télépayer depuis l'espace professionnel impots.gouv.fr.
Si l'activité de l'exercice en cours est significativement différente de celle de l'exercice précédent, l'entreprise peut moduler ses acomptes à la hausse ou à la baisse, sous réserve que la différence excède 10 % du montant théorique. Elle peut également se dispenser de tout versement si elle estime que les acomptes déjà versés couvrent la totalité de la TVA due.
Exemple : Marc gère une SARL de conseil dont l'exercice coïncide avec l'année civile. Sa TVA due en 2024 s'élève à 12 000 €. En 2025, il verse donc :
En juillet 2025 : 12 000 € × 55 % = 6 600 €
En décembre 2025 : 12 000 € × 40 % = 4 800 €
Total des acomptes versés en 2025 : 11 400 €
💡 À savoir : l'entreprise dont la TVA due au titre de l'exercice précédent est inférieure à 1 000 € est dispensée du versement des deux acomptes.
La déclaration annuelle constitue l'étape de clôture du cycle TVA en régime simplifié. Elle récapitule l'ensemble des opérations imposables de l'exercice comptable, calcule la TVA nette réellement due et régularise les acomptes déjà versés.
Deux formulaires coexistent selon la date de clôture de l'exercice :
CA12 (n° 3517-S-SD) : pour les exercices coïncidant avec l'année civile (clôture au 31 décembre) → à déposer au 2ᵉ jour ouvré suivant le 1er mai ;
CA12-E (n° 3517-S-SD) : pour les exercices décalés → à déposer dans les 3 mois suivant la clôture de l'exercice.
La déclaration est 100 % dématérialisée, à transmettre depuis l'espace professionnel impots.gouv.fr. Le solde éventuel est réglé simultanément au dépôt.
Exemple (suite) : l'activité de Marc a fortement progressé en 2025. Sa TVA réellement due pour 2025 s'élève à 18 500 €. Il dépose sa déclaration CA12 le 5 mai 2026 et règle le solde : 18 500 € - 11 400 € (acomptes versés) = 7 100 € à régler en mai 2026.
Si la TVA due au titre de l'exercice précédent dépasse 15 000 €, l'entreprise ne peut plus bénéficier du régime simplifié, même si son chiffre d'affaires reste dans les fourchettes autorisées. Elle bascule obligatoirement vers une déclaration mensuelle (formulaire CA3) dès l'exercice suivant.
L'entreprise ne prend connaissance de ce dépassement qu'au moment du dépôt de sa déclaration annuelle CA12. Par tolérance, l'administration lui accorde un délai pour déposer sa première déclaration mensuelle CA3, couvrant la période du 1ᵉʳ janvier jusqu'au mois de dépôt de la CA12.
Exemple (suite) : la TVA due de Marc pour 2025 s'élève à 18 500 € > 15 000 €. En déposant sa CA12 le 5 mai 2026, il constate seulement le dépassement. Il bascule obligatoirement en déclaration mensuelle CA3 dès 2026. Par tolérance, sa première CA3 couvrira la période du 1ᵉʳ janvier au 31 mai 2026. Il déclarera ensuite la TVA chaque mois.
Le régime réel simplifié de TVA présente plusieurs atouts concrets pour les entreprises, notamment sur le plan de la trésorerie et de la gestion administrative.
Le premier avantage est la réduction des obligations déclaratives. Là où le régime réel normal impose douze déclarations mensuelles par an, le régime simplifié se limite à une seule déclaration annuelle accompagnée de deux avis d'acompte semestriels. Ce gain de temps est particulièrement précieux pour les dirigeants de TPE et PME qui gèrent leur comptabilité en autonomie.
Le deuxième atout est la prévisibilité des paiements. Les acomptes étant calculés sur la TVA de l'exercice précédent, l'entreprise sait à l'avance ce qu'elle doit verser en juillet et en décembre. Elle peut ainsi anticiper ses sorties de trésorerie et mieux piloter son business plan.
Le régime réel simplifié de TVA présente néanmoins quelques limites à ne pas négliger.
Le premier inconvénient concerne le solde versé au dépôt de la CA12. Si l'activité a progressé plus vite que prévu en cours d'exercice, le solde à régler en mai peut s'avérer conséquent. Reprenons l'exemple de Marc : ses acomptes de 2025 étaient calculés sur une TVA due de 12 000 €, alors que sa TVA réelle atteignait 18 500 €. Le solde de 7 100 € à régler en une seule fois en mai peut peser sur la trésorerie si l'entreprise n'a pas anticipé cette somme.
Deuxième point de vigilance : la surveillance du seuil majoré. En cas de dépassement du seuil de 1 040 000 € ou 323 000 € en cours d'année, le basculement au régime réel normal est rétroactif au 1ᵉʳ janvier. Cette régularisation peut générer des obligations déclaratives imprévues et des paiements importants à régulariser.
Enfin, le régime simplifié est moins adapté aux entreprises réalisant des investissements importants en début d'exercice. La TVA déductible sur ces achats ne sera récupérée qu'au moment du dépôt de la CA12, soit potentiellement plusieurs mois après l'investissement.
L'article 38 de la loi de finances pour 2025 supprime le régime réel simplifié de TVA à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Le formulaire CA12 disparaît et les acomptes semestriels avec lui.
À partir de cette date, toutes les entreprises ne relevant pas de la franchise en base basculent automatiquement vers le régime réel normal :
Déclaration mensuelle (formulaire CA3) si la TVA annuelle dépasse 4 000 € ;
Déclaration trimestrielle (formulaire CA3) si la TVA annuelle est inférieure à 4 000 €.
Pour les entreprises dont l'exercice comptable est décalé, la suppression s'applique à compter du premier jour de l'exercice ouvert après le 31 décembre 2026.
Cette réforme impose d'anticiper dès maintenant plusieurs ajustements : adapter son rythme de déclaration, mettre à jour ses outils comptables et prévoir une trésorerie disponible chaque mois plutôt que deux fois par an.
Le passage au régime mensuel représente un changement significatif dans la gestion administrative des PME et TPE habituées à la simplicité du régime simplifié.
💡 À savoir : vous êtes en franchise en base et envisagez d'opter pour la TVA ? Inutile de passer par le régime réel simplifié : sa suppression au 1ᵉʳ janvier 2027 vous obligera de toute façon à basculer vers le régime réel normal dans quelques mois. Optez directement pour ce dernier et évitez une transition supplémentaire.
Plusieurs erreurs reviennent fréquemment chez les entreprises relevant du régime réel simplifié de TVA.
Oublier de moduler les acomptes en cas de baisse d'activité est la première erreur à éviter. Concrètement, si votre activité ralentit en cours d'exercice, vos acomptes calculés sur N-1 seront trop élevés. Vous paierez trop et attendrez le remboursement au dépôt de la CA12. La modulation est possible dès que l'écart dépasse 10 % : ne vous en privez pas.
Ensuite, ne pas surveiller le seuil majoré est une erreur coûteuse. En cas de dépassement des 1 040 000 € ou 323 000 € en cours d'année, le basculement au régime réel normal est rétroactif au 1ᵉʳ janvier. La régularisation de toutes les déclarations manquantes depuis le début de l'exercice peut s'avérer particulièrement lourde à gérer.
De plus, confondre le seuil de TVA due (15 000 €) et le seuil de chiffre d'affaires est une source de confusion fréquente. Même si votre CA reste dans les fourchettes du régime simplifié, un montant de TVA due supérieur à 15 000 € entraîne obligatoirement le passage en déclaration mensuelle.
Négliger les opérations exclues du régime simplifié (importations, certaines opérations immobilières) expose à un risque de sous-déclaration et aux pénalités qui s'ensuivent.
Enfin, ne pas anticiper la suppression du régime simplifié au 1ᵉʳ janvier 2027 est peut-être le piège le plus répandu en ce moment. Organisez dès maintenant votre passage à la déclaration mensuelle ou trimestrielle pour éviter toute disruption dans votre gestion comptable.
Suivre sa TVA collectée tout au long de l'exercice, calculer ses acomptes, déposer sa déclaration CA12 dans les délais et anticiper le passage au régime réel normal en 2027… autant d'obligations qui demandent une comptabilité rigoureuse et à jour.
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Le montant de TVA versé est identique dans les deux régimes. La différence est la fréquence : une déclaration annuelle (CA12) en régime simplifié, contre une déclaration mensuelle (CA3) en régime normal.
Oui. L'article 38 de la loi de finances 2025 supprime le régime simplifié au 1ᵉʳ janvier 2027. Toutes les entreprises concernées basculeront vers le régime réel normal, avec des déclarations mensuelles ou trimestrielles.
Rédigé par :
Experte en facturation et relation client, Morgane simplifie les paiements et optimise la trésorerie pour concilier performance financière et satisfaction client.
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