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Guides, conseils et astuces pour piloter votre activité avec sérénité.
Benjamin Plateau · 9 min · Dernière mise à jour le

Résumé de l’article
Les charges d’un freelance varient selon le statut juridique choisi et comprennent notamment les cotisations sociales, les impôts, les taxes et les frais professionnels.
Les cotisations sociales sont calculées différemment en micro-entreprise, en entreprise individuelle, en EURL ou en SASU, avec des niveaux de prélèvements spécifiques à chaque statut.
Pour fixer un TJM rentable, il est essentiel d’intégrer l’ensemble des charges, d’estimer le nombre de jours réellement facturables et de prévoir une marge de sécurité.
Plusieurs solutions permettent d’optimiser le coût des charges, comme le choix du statut juridique, l’ACRE ou une stratégie de rémunération adaptée.
Une bonne anticipation des charges est indispensable pour préserver la rentabilité de son activité et piloter efficacement sa trésorerie.
Générer du chiffre d’affaires ne suffit pas à garantir un revenu confortable en freelance. Comme pour toute activité indépendante, il est indispensable d’anticiper les dépenses liées à son entreprise : cotisations sociales, impôts, taxes ou encore frais professionnels. Leur montant varie notamment selon le statut juridique choisi et peut avoir un impact important sur la rentabilité de l’activité.
Mieux vaut donc comprendre quelles sont les charges en freelance, comment elles sont calculées et comment les intégrer dans votre budget avant de créer votre entreprise ou de fixer vos tarifs.
Le montant et le mode de calcul des charges sociales d’un freelance varient selon son statut juridique, son régime social et l’activité exercée.
La micro-entreprise bénéficie d’un régime social simplifié. Les charges sociales du micro-entrepreneur sont en effet calculées à partir de son chiffre d’affaires selon un pourcentage appliqué en fonction de l’activité exercée :
12,3 % pour les activités d’achat/revente de marchandises ;
21,2 % pour les activités de prestation de services (BIC) ;
25,6 % pour les activités libérales non réglementées et les prestations de services (BNC) ;
23,2 % pour les activités libérales réglementées relevant de la Cipav (BNC).
Elles sont calculées et payées chaque mois ou chaque trimestre selon la périodicité de déclaration choisie par le freelance pour sa déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF.
Les charges sociales d’un entrepreneur individuel sont calculées sur la base de ses revenus professionnels, c’est-à-dire les revenus issus de son activité après déduction des charges d’exploitation. L’URSSAF applique ensuite les règles de calcul prévues pour déterminer le montant des cotisations dues.
Le gérant associé d’EURL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) et dépend de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Ses cotisations sociales représentent en moyenne 45 % de sa rémunération. Il reste également redevable de cotisations minimales, même lorsqu’il ne se verse aucune rémunération.
💡 À savoir : le gérant non associé relève du régime des assimilés salariés, comme le président de SASU. Ses cotisations sont donc différentes.
Le président de SASU relève du régime des assimilés salariés et n’est redevable de cotisations sociales que lorsqu’il perçoit une rémunération au titre de son mandat social. Celles-ci représentent généralement entre 70 et 82 % de sa rémunération nette. En contrepartie de ces cotisations élevées, il bénéficie d’une couverture sociale similaire à celle des salariés.
Les cotisations sociales ne représentent cependant qu’une partie des charges à prévoir en freelance. D’autres dépenses fiscales et professionnelles doivent également être intégrées dans le calcul de votre revenu réel.
En plus des cotisations sociales, les freelances doivent anticiper d’autres dépenses et obligations financières liées à leur activité : impôts, taxes, frais professionnels ou encore coûts nécessaires au fonctionnement de leur entreprise.
La TVA n’est pas une charge à proprement parler pour un freelance assujetti à la TVA : il la collecte auprès de ses clients avant de la reverser à l’État. Elle doit malgré tout être anticipée, car elle peut avoir un impact sur la trésorerie et les tarifs pratiqués.
💡 À savoir : les freelances peuvent bénéficier d’une franchise en base de TVA lorsque leur chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils.
Le freelance est aussi redevable d’IR ou d’IS en fonction du statut et du régime fiscal choisi.
Lorsqu’il est imposé à l’IR, le freelance déclare ses bénéfices dans sa déclaration de revenus personnelle. Ils sont ensuite soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, dont le taux varie selon la tranche d’imposition du foyer fiscal (de 0 % à 45 %).
Lorsqu’il est imposé à l’IS, les taux appliqués sont les suivants :
15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice ;
25 % au-delà de 42 500 € de bénéfice.
Enfin, les freelances micro-entrepreneurs sont imposés à l’IR et peuvent payer leurs impôts de deux manières :
En déclarant leur chiffre d’affaires annuel dans leur déclaration de revenus personnelle. Le montant imposable est alors calculé après application d’un abattement forfaitaire de 34 % à 71 % selon l’activité exercée.
En optant pour le versement forfaitaire libératoire, qui permet de régler l’impôt en même temps que les cotisations sociales, lors de chaque déclaration de chiffre d’affaires (mensuelle ou trimestrielle).
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dû par la plupart des freelances, même lorsqu’ils exercent leur activité depuis leur domicile.
Si le freelance dispose d’un local ou d’un terrain, il est calculé à partir de la valeur locative des biens utilisés pour l’activité. S’il exerce à son domicile, il est calculé en appliquant un certain taux à une base d’imposition minimum. Dans les deux cas, les paramètres de calcul varient selon la commune où l’entreprise est domiciliée.
Le freelance en est généralement exonéré au cours de sa première année d’activité.
💡 À savoir : une exonération de CFE peut également s’appliquer lorsque le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas certains seuils.
La contribution à la formation professionnelle (CFP) permet aux travailleurs indépendants de bénéficier de droits à la formation. Elle est prélevée en même temps que les cotisations sociales lors de la déclaration de chiffre d’affaires pour les micro-entrepreneurs.
Son montant dépend de l’activité exercée :
0,1 % du chiffre d’affaires pour les activités commerciales ;
0,2 % du chiffre d’affaires pour les professions libérales et prestations de services ;
0,3 % du chiffre d’affaires pour les activités artisanales.
Les charges d’un freelance ne se limitent pas aux cotisations et aux impôts. Pour exercer son activité dans de bonnes conditions, il doit également prévoir différents frais professionnels.
On retrouve notamment parmi les dépenses courantes :
le matériel informatique et les fournitures de bureau ;
les logiciels et abonnements professionnels ;
les frais de déplacement ;
la location d’un bureau ou d’un espace de coworking ;
les assurances professionnelles, une mutuelle ou une prévoyance ;
les éventuels frais de comptabilité ou de banque.
Leur montant varie fortement selon le métier exercé et le niveau d’investissement nécessaire pour développer son activité.
💡 À savoir : distinguer ses charges fixes (logiciels, banque, assurances, etc.) de ses charges variables (cotisations, commissions, déplacements, etc.) permet de mieux anticiper ses dépenses et de gérer plus efficacement sa trésorerie.
Les charges en freelance ont un impact direct sur le tarif que vous devez facturer pour atteindre votre objectif de revenu. Pour calculer un TJM cohérent, il est donc indispensable de prendre en compte l’ensemble des cotisations, impôts et frais professionnels liés à votre activité.
Commencez par estimer le coût réel de votre activité sur une année avant de fixer votre TJM. Pour obtenir un tarif rentable, il est important de prendre en compte l’ensemble de vos dépenses, qu’elles soient fixes ou variables.
Parmi les principales charges à intégrer figurent notamment :
les cotisations sociales ;
les impôts et taxes (CFE, TVA non récupérable, etc.) ;
les assurances et la mutuelle ;
les abonnements et logiciels professionnels ;
les frais de matériel, de déplacement ou de coworking ;
les commissions prélevées par certaines plateformes de freelancing.
💡 À savoir : n’oubliez pas d’intégrer une marge de sécurité afin d’anticiper les dépenses imprévues ou les périodes où votre activité sera moins soutenue.
Tous les jours travaillés ne peuvent pas être facturés à un client. Une partie de votre temps est consacrée à la prospection, aux tâches administratives, à la comptabilité, à la formation ou encore aux congés.
Avant de calculer votre TJM, estimez donc le nombre de jours réellement facturables sur une année. Cette donnée est essentielle, car plus ce nombre est faible, plus votre tarif journalier devra être élevé pour atteindre votre objectif de revenu.
Une fois vos charges annuelles et votre nombre de jours facturables estimés, vous pouvez calculer votre TJM minimum grâce à la formule suivante :
TJM minimum = (revenu annuel souhaité + charges annuelles + marge de sécurité) ÷ nombre de jours facturables
Ce calcul vous permet d’obtenir un tarif plancher en dessous duquel votre activité risque de ne pas être rentable. Vous pourrez ensuite ajuster votre TJM en fonction de votre expérience, de votre expertise, de votre marché et de la valeur que vous apportez à vos clients.
Il est rarement possible de supprimer totalement ses charges en freelance. En revanche, certains dispositifs et choix de gestion permettent d’en limiter le montant ou d’optimiser leur impact sur votre revenu.
L’ACRE permet de bénéficier d’une exonération partielle de cotisations sociales lors du lancement de son activité, sous réserve de remplir les conditions d’éligibilité.
Cette aide correspond à une exonération de 25 % des cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d’activité pour les micro-entreprises créées depuis le 1er juillet 2026.
Pour les autres statuts, l’exonération dépend du revenu annuel du bénéficiaire, c’est-à-dire le revenu pris en compte lors de la déclaration de revenus réels.
💡 À savoir : certaines régions, certaines collectivités ou certains réseaux d’accompagnement proposent également des aides financières destinées aux créateurs d’entreprise. Pensez à vous renseigner sur les dispositifs disponibles près de chez vous.
Le statut juridique a un impact direct sur le montant des cotisations sociales, la fiscalité et la possibilité de déduire ses frais professionnels :
La micro-entreprise convient aux freelances ayant peu de dépenses. Les cotisations sont calculées directement sur le chiffre d’affaires, mais les frais professionnels ne sont pas déductibles.
L’entreprise individuelle (EI) permet de déduire les dépenses liées à l’activité, ce qui peut être plus avantageux lorsque les charges sont importantes.
L’EURL et la SASU offrent davantage de flexibilité en matière de rémunération et de fiscalité, mais impliquent également davantage d’obligations comptables.
Avant de créer votre activité ou de changer de statut, il est conseillé de réaliser une simulation afin de comparer le coût réel de chaque solution ou de se faire accompagner par un professionnel.
Le mode de rémunération choisi peut également avoir un impact sur le montant des cotisations sociales, notamment en société.
Par exemple, le président de SASU ne paie des cotisations sociales que sur la rémunération qu’il se verse, tandis que les dividendes n’y sont pas soumis (ils restent toutefois soumis à la fiscalité applicable). En EURL, une partie des dividendes peut, au contraire, être soumise aux cotisations sociales lorsqu’elle dépasse certains seuils.
L’objectif n’est donc pas de réduire artificiellement ses cotisations, mais de choisir un mode de rémunération adapté à sa situation, en tenant compte de sa protection sociale, de sa fiscalité et de ses besoins de revenus.
Oui, cela dépend du statut choisi. En micro-entreprise, aucune cotisation sociale n’est due sans chiffre d’affaires. Les freelances en EURL ou EI au régime TNS doivent payer des cotisations minimales, même sans revenus. En SASU, des cotisations sont dues uniquement si le président se rémunère.
Rédigé par :
Fort de 8 ans d’expérience en gestion comptable et management, Benjamin partage sa vision opérationnelle pour optimiser les processus et la performance des organisations.
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